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L’abbé Émile Vulliez (1865–1906) est un pionnier de la photographie de montagne et un témoin inestimable de la vie rurale en Haute-Savoie à la fin du XIXe siècle. Bien que prêtre de vocation, c’est son génie visuel qui le fera passer à la postérité. |
Un vicaire passionné de technologie
Né à La Baume en 1865, Émile Vulliez suit une formation ecclésiastique. Devenu vicaire, il exerce son ministère dans la région. Dès les années 1895, il se passionne pour une technique encore jeune et complexe pour l’époque : la photographie sur plaques de verre. Équipé d’une chambre photographique lourde et encombrante, il parcourt les sentiers escarpés du Chablais et les villages de montagne pour immortaliser son époque.
L’œuvre : Près de 700 plaques de verre
L’abbé Vulliez a laissé derrière lui un trésor historique composé de presque 700 clichés. Son regard ne se limitait pas à de simples paysages ; il captait la réalité pure et brute de la vie montagnarde :
- Des scènes quotidiennes de la vie agropastorale (travaux des champs, élevage).
- Des portraits saisissants des habitants du village, des enfants, et des grandes figures locales de la vallée d’Aulps.
- Les paysages naturels et l’architecture du Haut-Chablais au tournant du XXe siècle.
Il s’est éteint prématurément en 1906 à l’âge de 41 ans. Un hommage sous forme de rétrospective et de conférence a notamment été organisé en Haute-Savoie par des associations d’histoire locale comme La Salévienne.
"L’Album d’un vicaire savoyard" et la reconnaissance des pairs
Ce trésor photographique est resté longtemps méconnu du grand public, préservé par sa famille (notamment Henri et Hyacinthe Vulliez). C’est en 1985 que ses clichés sortent de l’ombre avec la publication d’un ouvrage de référence aux éditions Didier-Richard : L’Album d’un vicaire savoyard : Photographies d’Émile Vulliez 1865-1906.
La qualité de son travail a impressionné les plus grands. Jacques Henri Lartigue, l’un des photographes français majeurs du XXe siècle, a partagé son immense admiration pour son œuvre en déclarant :
"Tout mon respect et mon admiration pour les photos de l’abbé Vulliez… il avait un merveilleux talent et un regard si complet, si vif, si tendre, qui dépasse de beaucoup les photographes amateurs de cette époque."
